10′ to kill : journal d’un tueur à gage

Publié le par meepletoimeme

Je m’appelle Markham. Ce n’est pas mon vrai nom. Mon nom de scène, comme qui dirait.

Je suis nettoyeur. Et je ne bosse que sur contrat.

On dit que c’est la crise dans le pays. Pas dans ma spécialité. Je tue des gens sur demande, et je ne suis pas donné.

Actuellement j’ai 3 contrats. Rien que ça. Eh, ne me faites pas le coup de la larme à l’œil ! On m’la fait pas, à moi. Si des mecs ont un contrat sur leur tête, c’est qu’ils l’ont mérité. Moi, j’veux pas en savoir plus. Tant qu’il y a assez de zéros en bas de la page, ça me va. Avec le temps, les zéros s’allongent. Preuve qu’on me fait confiance, dans le milieu pourri des quartiers.

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Dans une affaire, tout est histoire de discrétion. Et d’opportunités. J’en ai connu, des amateurs. « Assassin, un boulot facile. Tu prends un flingue, tu choppes la personne, genre « Sarah Connor ? Plop plop », et c’est fini »

Non, ça ne se passe pas comme ça dans le milieu. C’est un dur boulot, mais j’suis un vrai dur. Faut pas m’prendre pour un lapin de 3 semaines.

 

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Déjà, j’identifie mes 3 cibles.

La ville n’est pas forcement grande, 16 quartiers à peine, mais avoir une vision d’ensemble, ça aide. Ces foutues cibles, « fric sur pattes » comme j’aime bien les appeler, se déplacent vite.

Je détourne le regard 10 secondes, parce que j’ai vu une belle rouquine taillée court, et ma cible a disparu, n’importe où dans un autre quartier. Comme si elle craignait quelque chose… 

Ça n’arrange pas forcément mes affaires. Des fois, si…

 

 

 

Ensuite, je choisis l’arme. C’est vital, l’arme. C’est mon amie proche, chère à mon cœur, ma p’tite sœur. Celle qui va me sussurer à l’oreille « Vas-y, c’est le moment ». Je la sens me réchauffer la main, devenir une part de moi.

Moi, j’ai mes 3 favorites.

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J’ai Alma. 30 centimètres, discrète, affûtée comme un rasoir. Elle m’accompagne partout.

Idéale quand je suis seul avec ma cible. Je m’approche discretos. Avant, je demandais du feu, mais il y a de moins de moins de gens qui fument dans c’te foutue ville. Une décision du maire. Un pourri corrompu, celui-là. J’espère qu’il aura un contrat sur lui, un d’ces jours.

La technique « Je cherche un burger », ça marche toujours. Les gens raffolent des burgers. Dès que je suis assez proche, « schlackk », un coup rapide, juste au-dessus de la ceinture. A la manière Yakuza.

Pas un cri. Rapide, efficace, indolore. J’ai juste à accompagner le contrat jusqu’au sol, et à me casser vite fait.

 

 

 

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Puis j’ai Brewster. Ah Brewster… on en a vécu des choses ensemble. Un compagnon fidèle, loyal. Il fait toujours son petit effet. Combien de portes m’a-t-il ouvertes ? Je ne les compte plus. C’est un magnum 357. Le même qu’un collègue japonais que je n’ai jamais encadré. Un certain Ryo Saeba,  coureur de jupons de première, toujours flanqué d’une Rambo girl.

 

Moi, je bosse seul.

 

Brewster, c’est un efficace. Une valeur sûre. Un allié. Un frère de sang. Comme tous les bons amis, il a ses défauts : une faible portée et un son caractéristique quand il parle. Il touche à une case, comme on dit dans le jargon. C’est suffisant, mais pas discret, faut faire gaffe aux passants et à la flicaille.

 

 

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Et enfin, j’ai Cahill. Une sauvage. Peut-être bien ma préférée. Du coup, on ne sort pas souvent ensemble. On se ménage.

 

C’est un fusil de précision, type Walther WA 2000. Une pièce rare, sensible. Il faut lui montrer de l’affection. Mais une fois apprivoisée, elle vous dégomme une mouche à autant de cases que vous voulez.

Elle est timide. Mieux vaut pas la sortir quand il y a du monde autours de toi. Elle aime la hauteur, derrière une fenêtre, un échafaudage.

 

 

 

 

 Alma, Brewster, Cahill. Mes 3 seuls amis, ma famille, mon ABC, mon trio. Sans eux, je ne serais rien.

 

J’étouffe dans ces grandes villes. Du peuple, de la foule. Il y a trop de gens dans les rues. Qui sont-ils ? Tueurs comme moi ? Cibles potentielles d’un collègue, donc coupable de quelque chose ? Ou innocentes victimes anonymes ? J’m’en balance. Seul mon taf me préoccupe. Après, les dommages collatéraux, ça arrive, c’est les risques. On les accepte. De toute façon, personne n’est blanc comme neige dans ce bas monde.

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Évidemment, les spéculations vont  bon train après une élimination. Assembler les pièces du puzzle. Qui a fait le coup ?

  • La jolie blonde sur la case d’à côté avec un petit Beretta caché dans son sac de sport ?
  • Le technicien en haut du building de l’autre côté de la rue ?
  • Ou la vieille dame qui fait « comme si elle était affolée », mais qui sait très bien manipuler le « vieux coupe-papier de papa » dans son sac à mémé.

 

Ouais, tous suspects. Moi, ça me va. Plus il y a de suspects, moins on s’intéressera à moi. Et jusqu’à maintenant, ça a plutôt bien marché. J’ai un profil passe-partout.

Et je le travaille, c’est mon assurance vie.

 

Quand tu butes quelqu’un, les gens ont peur. Comme si jamais personne n’avait vu de macchabées. Bon, c’est vrai que voir le type à côté de toi se prendre une balle derrière l’oreille droite, ça peut te foutre un peu les ch’tons. Du coup, tout le monde se barre fissa dans une rue à côté, plus sûre.

Et puis, il y a toujours un p’tit malin pour appeler la police. Des emmerdeurs de première ceux-là, Toujours à se croire au-dessus des autres, à se prendre pour des hommes. Et que je te pose des questions « T’étais où ? T’as vu quoi ? Fait voir ta carte, contrôle ». De vrais fouilles-la-merde..

Perso, leur bel uniforme bleu marine me fait vomir, comme disait un chanteur français des années 70. Société, tu m’auras pas. 

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En plus, ils ont l’œil. Plus moyen de faire ton boulot tranquille quand ils sont dans le secteur. A croire qu’ils ont des yeux dans le dos, ils voient partout autour d’eux. Conseil pour les nouveaux. Si t’as un de ces cabots bleus dans le coin, t’as intérêt à foutre le camp. Moi, j’peux juste pas les blairer.

Mais on va pas s’mentir, hein ? On est un peu en compétition avec les collègues du métier. L’honneur. Pffff, un truc pour film d’ado plein de belle idéologie à 2 balles. Pas pour moi. Si je repère un autre nettoyeur, j’vais pas lui faciliter la vie.

« Eh m’sieur l’agent. Je suis un bon citoyen et je voudrais vous dire que la personne là-bas me fait un peu peur » Et hop, contrôle, et hop un nettoyeur nettoyé. C’est pas glorieux ? C’est mieux qu’avoir un de ces types dans le dos. Et ça occupe ces clébards de flic.

Après, le nec plus ultra, c’est que je puisse buter un de mes collègues. Ouais, on est comme ça entre nous. Le partage, la convivialité, la fraternité, c’est pas des valeurs auxquelles j’apporte des masses d’importance. Je préfère lui mettre 3 arguments bien profonds dans la caboche.

Bip bip « Vous avez reçu un message ».

Ah, mes 3 contrats du jour : Shaman, Shanouillette, Umberling. Pas n’importe qui, des gens de la haute. Le clan Ludovox en personne. J’entends déjà le bruit des biftons comme une douce musique à mes oreilles, pourtant j’suis pas critique d’opéra.

Allez, dans 10 minutes, c’est réglé et je clôture l’affaire.

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10 minuts to Kill est un jeu qui se joue en 10 minutes, de 2 à 4 joueurs. Chaque joueur incarne un assassin, caché parmi les 16 personnages du plateau, et dispose de 3 cibles à éliminer. Le joueur devra tenter d’éliminer ses cibles en ne se faisant pas repérer par les autres joueurs, donc en s’assurant que chaque meurtre puisse être l’œuvre de plusieurs suspects. Déduction et opportunité en font un jeu rapide et efficace.

 

 

Interview express de l’auteur, Benoît Bannier :

Tu es l’auteur de Invazion, édité par le même éditeur « la boite de jeu ». 10′ to kill est ton 2ème jeu. D’où vient l’idée de ce jeu ?

Cela fait à peu près un an et demi que ce proto tourne. Curieusement, je n’ai jamais joué à Rumble in the house avant de lancer ce jeu, même si l’approche initiale y  ressemble. J’ai plutôt été inspiré par un jeu Xbox, Hidden in the plan sight, où il fallait se repérer dans une foule avec son assassin. L’idée de départ est partie de là. J’ai fait beaucoup tourner le proto lors de soirées à Paris pour en arriver là aujourd’hui. Les retours de Cannes ont aussi été très bons.

Bientôt parti pour une campagne de financement participatif ?

Oui, une campagne sur Kickstarter devrait bientôt commencer en mai

Le jeu devrait être proposé autour de 19 euros lors de notre campagne KS en mai prochain. Pour être proposé à 20 euros en boutique. Le lancement de la campagne devrait s’accompagner de 2 soirées de lancement le 27 mai prochain, une à Paris et l’autre à Lyon dans le bar associatif « moi j’m’en fous je triche ».

De par le thème et les personnages zoomorphe, on sent un peu une atmosphère « Black sad »tmtk-invitation-v2

Tout à fait, mais ça sera un jeu un peu moins noir que cette bande dessinée, plus cartoon, mais pas trop. Ce jeu sera illustré par Pauline Detraz, qui a travaillé aussi Llud & llevelys.

 

 

Quelques liens :

Ludinord : Une petite interview de l’éditeur 

Une interview au off de Cannes devant le proto du jeu

10′ to Kill en podcast interview de l’éditeur par Umberling

Les images accompagnant les photos du jeu proviennent de la bande dessinée Black Sad, éditée par Dargaud

La rédaction de l’article s’est faite tout en parcourant la bande dessinée « Near Death », éditée par Atlantic BD, pour s’inspirer du thème.

Certaines expressions ont été empruntées à Fouilloux 🙂

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